TROCH Kevin, Une vulnérabilité délibérément acceptée! par les pouvoirs publics? Extraction du charbon et inondations dans la vallée de la Haine, 1880-1940, dans Vulnérabilités environnementales : perspectives historiques [VertigO. Revue électronique en sciences de l'environnement], décembre 2016, volume 16, n° 3.

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L’impact des activités extractives sur l’environnement, notamment au niveau de l’eau, constitue une question d’actualité importante. Pourtant, les études historiques sur les vulnérabilités environnementales engendrées par les activités minières sont rares. Cet article entend apporter un éclairage historique sur la question de la vulnérabilité au risque d’inondation dans le bassin houiller du Couchant de Mons. Le cas de la vallée de la Haine est à ce titre intéressant, car l’influence des travaux miniers sur le régime de l’eau y est ancienne, mais c’est à partir des années 1880 que le problème devient crucial pour le devenir de la région. La vallée subit de nombreuses inondations entre les années 1880 et les années 1940 durant la période d’extraction intensive du charbon. Rapidement, les charbonnages sont accusés d’engendrer ces inondations ou du moins, d’en augmenter le ressenti, à cause des affaissements miniers créés par leurs travaux souterrains. L’extraction intensive du charbon durant ces six décennies serait à l’origine de la vulnérabilité de la vallée au risque d’inondation dont les effets se font encore sentir actuellement. Pourtant, les charbonnages ne participent à aucun travail d’aménagement des cours d’eau afin d’empêcher leur débordement. L’État belge accepte même d’endosser la charge des travaux d’amélioration des cours d’eau de la vallée et de la gestion du démergement des parties affaissées sans impliquer les charbonnages. 

Comment expliquer cette «disjonction des responsabilités» dans le domaine de la vulnérabilité de la vallée de Haine au risque d’inondation ? 

Cet article entend montrer comment les charbonnages de la vallée de la Haine ont réussi à convaincre le gouvernement que les affaissements miniers causés par leurs travaux ne jouent pas un rôle important dans les inondations frappant la région et à se dédouaner de leur responsabilité, principalement à travers les actions de la commission de la Haine, un groupe d’étude et de pression institué par les charbonnages du Couchant de Mons et du Centre à la suite des inondations catastrophiques des hivers 1924-1925 et 1925-1926.

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L’article peut être téléchargé au format .pdf à l’adresse suivante: https://journals.openedition.org/vertigo/17998