Chièvres : un patrimoine en devenir. Quand les Archives rencontrent l’Archéologie, du 2 juillet au 31 août 2018, Mons, Archives de l’État.

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« Quand les Archives rencontrent l’Archéologie », ce sont près de douze cent ans d’histoire qui ont été relus, questionnés et confrontés à la lumière des sources archivistiques et archéologiques.

L’objectif principal de l’exposition est de présenter l’essentiel de ces nouvelles découvertes afin d’attirer l’attention du public et de mettre en avant l’extraordinaire patrimoine de Chièvres et son potentiel à venir. En effet, depuis les premières traces protohistoriques et gallo-romaines, en passant par le 9e siècle – date de la première mention écrite de Chièvres – jusqu’à nos jours, la petite ville hainuyère n’a pas fini de nous étonner.

Sur le plan archéologique, dans la foulée de la régionalisation des années 1990, l’Archéologie a pu investir largement le territoire de Chièvres livrant des données matérielles jusqu’alors enfouies et/ou insoupçonnées. Durant 23 années (1991-2004), Chièvres a fait l’objet de 13 opérations archéologiques menées au quatre coin de la commune. L’occupation du sol et le bâti visés par les fouilles couvrent un large pan des monuments chièvrois sur une période qui va du 2e jusqu’au 21e siècle : le château des comtes de l’époque moderne, la fortification médiévale, l’église paroissiale et plusieurs chapelles et hôpitaux. Ces recherches se poursuivent encore à l’heure actuelle.

Sur le plan archivistique, l’intérêt pour les archives de Chièvres s’est manifesté très tôt. En 1867, Léopold Devillers, conservateur des archives de l’État à Mons, terminait sa notice historique et archéologique de la ville de Chièvres en proposant de classer et d’inventorier ces documents, à savoir : « [...] une foule de chirographes, parmi lesquels pourraient bien se rencontrer de curieuses chartes, il y a diverses séries de comptes de la massarderie, de tailles et impôts, des registres aux résolutions, des cartulaires, des chassereaux, etc. [...] » (DEVILLERS, 1867, p. 197). Cette revendication clairement posée par l’archiviste montois ne fut officiellement rencontrée que 76 ans plus tard, en 1943, lorsque la commune de Chièvres décida de déposer près de 60 mètres linéaires d’archives au dépôt des Archives de l’État à Mons, inventoriées en 1948 par G. Hansotte. Une bonne partie de ces archives remontent à l’Ancien régime (15e siècle). Une aubaine quand on sait que huit ans auparavant, en 1940, un incendie frappa ce même dépôt, détruisant une majorité des archives appartenant à l’histoire du Hainaut.

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Depuis 2013, un partenariat réunit les Archives de l’État et la Direction de l’Archéologie du Service Public de Wallonie, devenue depuis le 1er janvier 2018 l’Agence Wallonne pour le Patrimoine (AWaP). Outre l’identification et l’examen des vestiges, le souhait de l’archéologie était de localiser l’ensemble de ces informations par rapport à l’évolution de la ville. L’étude historique consacrée à Chièvres a débuté en mai 2015 et elle a bénéficié de 18 mois de recherche. Au terme de ce projet, il apparaît comme essentiel d’insister sur la méthodologie, à savoir sur la nécessité, en matière d’histoire urbaine, de conjuguer l’ensemble des sources en présence : sources écrites, sources matérielles/archéologiques et sources iconographiques/planimétriques. Si l’histoire et l’archéologie sont des disciplines à part entière – parce qu’elles possèdent chacune une méthodologie qui leur est propre – elles reposent sur un socle commun, un corpus de sources, qui doivent impérativement être étudiées conjointement tant elles se complètent et s’enrichissent par leur spécificité, leur complémentarité et leur valeur ajoutée.

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Comprendre une ville, son histoire, son évolution, son aménagement et tous ses enjeux, c’est-à-dire aussi son patrimoine, passe par cette démarche que nous avons voulu mettre en avant sur les différents panneaux de l’exposition.

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Le projet se clôturera dans les prochains mois par la parution d’une monographie approfondie qui fera la synthèse de plus de 25 ans de recherche.

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Lieu de l’exposition et renseignements complémentaires

ARCHIVES DE L’ÉTAT À MONS – avenue des Bassins, 66 à 7000 Mons Exposition accessible du mardi au vendredi de 9h00 à 12h00 et de 13h00 à 16h30 065/40.04.60 – archives.mons@arch.be