La prochaine conférence du Cercle aura lieu le jeudi 16 mai prochain à 20h00 à la salle « Le Parvis », 47/2, Grand Place à 7330 Saint- Ghislain. Nous aurons le plaisir de recevoir Monsieur François De Vriendt (Société des Bollandistes, Bruxelles) qui abordera le sujet suivant :

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Les reliques des saints à Mons (et dans sa région) sous l’Ancien Régime. Inventaire, signification, stratégies

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À Mons, comme dans les anciens Pays-Bas, le culte des reliques fut une composante majeure du système religieux de nos ancêtres. De l’an mil à la Révolution française, celles-ci s’accumulent peu à peu dans diverses institutions de la ville. Des châsses de Sainte Waudru à l’omoplate de Saint Médard, du morceau du tombeau de Saint Bernardin de Sienne à la dent de Saint Ghislain, des cheveux de Marie-Madeleine à l’une des épines de la couronne du Christ, du corps de Circercule à l’oreille de Saint Véron... : des dizaines de reliques liées à une bonne centaine de saints ont été repérées. À partir des inventaires disponibles (parchemin de 1305, répertoires de Rayssius, Vinchant, Brasseur, etc.), de mentions épisodiques dans les sources, et des reliquaires encore existants, l’exposé proposera un panorama de l’(omni)présence des reliques dans la capitale du Hainaut (avec un excursus sur Saint-Ghislain) mais aussi de leurs fonctions et de leur instrumentalisation. Dans un monde précaire, ces reliques revêtirent un sens religieux indéniable, mais elles jouèrent aussi un rôle politique, juridique ou symbolique non négligeable : elles pacifient les conflits, elles entérinent les serments, elles servent aux exorcismes, elles donnent espoir aux malades et, surtout, elles solennisent les liturgies et autres cérémonies.

À quel(le)s saint(e)s ces reliques étaient-elles liées ? Où étaient- elles entreposées ? Peut-on percevoir entre elles un rapport de concurrence ou de complémentarité ? On verra que si les églises en furent les principales propriétaires, ces reliques se retrouvent dans des strates assez variées de la société, y compris chez les laïcs (aristocrates, confréries, édiles...).

Au-delà de l’inventaire, forcément incomplet, de ces reliques, quelques enseignements historiques inédits se dégagent, comme le rôle du 17e siècle dans l’essor de leur vénération, ou la place prépondérante de certaines reliques (Sainte-Croix, 11000 Vierges de Cologne...) dans ce patrimoine sacré. Enfin, ce survol permettra de mettre l’accent sur quelques très belles pièces d’orfèvrerie religieuse, toujours conservées sur place.