La prochaine conférence du Cercle aura lieu le jeudi 19 janvier à 20h00 au Foyer culturel de Saint-Ghislain (Grand-Place, 37 à 7330 Saint- Ghislain, salle du haut). Nous aurons le plaisir de recevoir M. Lucas Raucq (enseignant en histoire, géographie et sciences sociales) qui abordera le sujet suivant :


La grève de l’été 1861 et les conditions de travail des houilleurs et houilleuses du Borinage 

dans la seconde moitié du XIXe siècle


Durant l’été 1861, l’effervescence règne dans ce petit bout de Belgique qu’est le Borinage. En effet, une goutte d’eau bien atypique vient de faire déborder le vase de la résilience maintes fois éprouvée de la classe ouvrière locale et l’a poussée à l’émeute : l’affichage de règlements d’atelier sur les murs de ses charbonnages !

Sur ces affiches, les « maîtres de fosses » ont inscrit ce qu’ils appellent « le bon ordre industriel », en fait les normes de travail qu’ils souhaitaient voir s’appliquer dans le quotidien des travaux miniers.

Ce nouvel ordre des choses, les ouvriers et ouvrières ne semblent pourtant pouvoir l’encadrer, il froisse au plus haut point leur sens du juste et de l’injuste, ainsi que leur autonomie jusque-là relativement sauvegardée sur les lieux de leur labeur... La grève ainsi enclenchée, même si elle déboucha sur une victoire sans lendemain, ébranla néanmoins l’entièreté de la société belge de l’époque : depuis la plus humble femme de houilleur jusqu’aux plus puissants hommes d’État du temps. Elle suscita également des débats pionniers – mais mort-nés – quant aux questions du droit et de la règlementation du travail. Enfin, cet événement et ses répercussions laissèrent à l’historien de multiples indices sur ce qui constituait les coutumes et les normes de travail de la mine à la fois aux yeux du « maître » et à ceux de l’ouvrier charbonnier : un point d’accès vers ce qui composait les cultures respectives de ces deux classes sociales ?