Cercle d’histoire et d’archéologie de Saint-Ghislain et de la région

† La prochaine conférence du Cercle aura lieu le jeudi 22 février à 20h en la salle « La Licorne » au Septem anciennement « Foyer culturel de Saint-Ghislain » (Grand-Place, 37 à 7330 Saint-Ghislain, salle du haut). Nous aurons le plaisir de recevoir Nicolas DUPONT & Isabelle SIRJACOBS qui nous présenteront


Un exemple d’une exploitation proto-industrielle du charbon dans le Couchant de Mons : les anciennes fosses du Bois de Saint-Ghislain à Dour


Le Bois de Saint-Ghislain à Dour renferme de nombreuses structures qui illustrent l’évolution d’une exploitation proto-industrielle du charbon aboutissant à une exploitation moderne. Les vestiges les plus récents et les mieux connus sont ceux des bâtiments du dernier charbonnage de Sauwartan (fermé en 1938). Sous le couvert forestier, le promeneur attentif peut également remarquer la présence de petits terrils, usuellement appelésterrils de fourfeyeux dans la région.

Les cartographies LiDAR du SPW (page suivante) montrent à quel point la surface du Bois de Saint-Ghislain a été bouleversée durant des décennies sinon des siècles d’exploitation du charbon. Dans sa partie orientale, plus d’une centaine d’anciens petits terrils sont clairement identifiables. De plus, des sillons causés par l’extraction superficielle d’une vingtaine de couches de charbon peuvent également être observés. En dépit de leur nombre important les exploitations à l’origine de ces structures demeurent mal documentées, même dans le Mémoire historique sur l'origine et les développements de l'industrie houillère dans le Couchant de Mons de G.Decamps (1880). 

Actuellement en dépôt au SAICOM, un recueil de baux issu des archives de l’Abbaye de Saint-Ghislain permet désormais de combler en partie cette lacune. Ce registre permet notamment de faire le lien entre les traces d’exploitations anciennes et une multiplicité de petits exploitants présents dans le Bois de Saint-Ghislain dans la deuxième moitié du 17e siècle. En effet, le système d’octroi de concessions en vigueur à l’époque organisait l’extraction du charbon de manière très fragmentée, tant au niveau de la superficie que du nombre de couches concédées, ce qui a eu pour conséquence le creusement de nombreux puits, chacun étant entouré d’un terril selon l’usage de l’époque. En outre, les récents travaux de Y. Coutiez (2022) concernant Les charbonnages Domaine de Mons du 15e au 18e siècles détaillent les modalités de l’extraction proto-industrielle du charbon dans les villages avoisinants et aident à mieux contextualiser la situation dans le Bois de Saint-Ghislain.

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Cartographie LiDAR du Bois de Saint-Ghislain à Dour (source : SPW 2013-2014), avec illustration des machines d’extraction et installations de surface selon la typologie des terrils